Ryūkishi07 n’a pas fait que du Higurashi no Naku Koro Ni. Son univers peut s’étendre sur tout sorte de concepts et il nous le preuve aujourd’hui. J’ai mis un peu de temps pour assumer cette critique. Je vais éviter de faire pareil qu’Higurashi et de jouer ma pièce fétiche : embrumer vos idées et vous procurer l’envie d’en découvrir plus. Peu de spoil, mais je vous conseille de connaître Higurashi pour apprécier ces lignes.
Unimeko no Naku Koro Ni nous propose cette fois-ci de quitter le village maudit pour une visite maritime inoubliable. Nous sommes en 1986, dans l’archipel d’Izu, sur l’île de Rokkenjima. Plusieurs membres de la famille Ushiromiya établissent une réunion mettant en jeu la fortune du richissime chef de famille, Kinzo. Le médecin attitré fait savoir à l’ensemble des personnes concernées qu’il ne lui reste qu’une centaine de jours à vivre sur Terre. Kinzo fait fortement connaitre son opinion malgré sa santé fébrile : il compte léguer toutes ses richesses et son patrimoine à celui qui saura l’impressionner. Ainsi donc, chacun compte négocier sa part de fortune et sa nouvelle place dans la famille. Dix-huit personnes dont les domestiques réfléchissent sur la question. Du moins, ils n’auront pas trop de temps pour se décider : le bateau les ayant amené disparaît, tout le monde se retrouve piégé sur l’île. Aucune communication extérieure n’est possible et le temps se fait menaçant. Une tempête se prépare. Les mouettes s’agitent. On dit qu’une sorcière habite l’île et est responsable de la fortune des Ushiromiya.
Battler Ushiromiya, fils de Rudolf Ushiromiya et second fils de Kinzo Ushiromiya, va s’efforcer de percer ce mystère. Entre temps, des meurtres se profilent, des meurtres hors du commun laissant penser à de la sorcellerie. Pour Battler tout demeure purement rationnel. Tout tient d’une personne censée et réelle, le débat de l’existence d’une sorcière ne se tient pas. D’autres personnes vont faire leur apparition dont la fameuse Béatrice, s’autoproclamant sorcière de l’île et du monde terrestre. Battler va devoir jouer à un jeu particulier : prouver au yeux de la sorcière, de ses sbires, de ses connaissances (Bernkastel Frederica et Lambdadelta en seconde partie) que tout ceci n’use pas la magie et de prouver sa non-existence. Difficile pour le jeune Battler car tout porte à croire que les assassinats et le monde d’Izu sont sous une emprise maléfique.
Umineko joue sur la psychose, me faisant rappeler inlassablement les fabuleux films d’Hitchcock. Cela ne m’étonnerait pas que le cercle 07th Expansion, responsable des jeux “Sound/Visual Novel" d’Higurashi et de Umineko Chiru référence de telles œuvres. L’ambiance se veut plus pesante que son illustre homologue du village d’Himanazawa : il existe encore le système d’arcs, néanmoins dans l’anime ce dernier est entrecoupé de discussions auprès de Béatrice et de Bernkastel puis plus tard par d’autres personnes dont on ne s’attendait pas. Le question de Bernkastel se pose encore aux yeux de tous les fans des When They Cry : cette dernière est-elle Rika Furude d'Higurashi ? Sa réincarnation ? Elles se ressemblent fortement. Un OAV de Kira laisserait supposer qu’elles ne sont qu’une seule et même personne… Son auteur Ryūkishi07 laisse supposer le contraire et brouille les pistes. Pour moi c’est de loin mon personnage fictif favori, car le mystère qu’il entoure reste si épais que cela en devient psychotique.
Chaque épisode d’Umineko a son meurtre inexplicable. Béatrice - ou plutôt Dame Béatrice - va jouer avec tout ce beau monde. Sauf… une personne en l’incarnation de Maria, petite fille psychotique très étrange. Plus tard cette dernière va elle aussi jouer le jeu de la sorcière, perturbant un cycle infernal que l’on a déjà croisé dans Higurashi. Souvenons-nous du jeu de Battler, qui a pris connaissance de l’existence particulière de Béatrice : comme une partie d’échecs, les scènes sont alignées et Battler admire les pièces qu’ils s’offrent à lui. Il intervient ou il n’intervient pas selon la situation. Les sorcières influent sur la partie selon l’envie et le pauvre garçon doit déjouer leurs plans sous peine de mourir. On revient sans cesse au moment où Kinzo se fait tuer par la présumée Dame, laissant le trône et la fortune vacants. Les victimes et leur mort changent, modifiant le contexte.
S’ensuit un combat psychologique des membres de la famille, quitte à s’entretuer. Battler reste dans tous les cas confiant, persistant à trouver une explication logique et constamment rationnelle des victimes. Plutôt honorable dans le sens où nous spectateurs, voyons clairement qu’il y a existence de la magie. Bernkastel bien que concernée s’écarte de ce “jeu stupide”. Avec Maria, c’est la personne centrale d’Umineko. Chaque phrase qu’elle prononce a son sens. Pourquoi Béatrice joue t-elle avec ce garçon ? Pourquoi Kinzo aurait conclu un pacte avec cette âme maléfique ? On se rend compte de beaucoup de choses. On assiste à énormément d’enchevêtrement de lignes temporelles, de massacres, et de nouvelles existences. Encore une fois la petite Maria est bien placée, a son histoire horrible et pourrait devenir une entité intéressante de l’archipel. Je vous laisse apprécier.
Chaque épisode a sa scène inoubliable, arrivant constamment avec stupeur et rejet. Le constat est simple : une bataille de forces totalement opposées, entre un humain et deux (trois, quatre, cinq ?) sorcières. Les derniers épisodes laissent entrevoir une frontière fébrile du subconscient de Béatrice, enfin de la “première”. Je vous perds ? C’est normal, mais je ne vous spoilerai pas. Une sorcière a beau être maléfique, elle reste humaine. Comme expliqué plus tôt, Battler n’est pas la seule “pièce" neutre : une personne selon lui joue aussi de la situation. Maria semble en savoir plus que quiconque, tandis que Kinzo a disparu - on ne retrouve pas de corps. On peut penser à son âme vendu au diable, à une conspiration maléfique datant de centaines d’années, d’immortalité… Umineko nous saoule de données et de paramètres, rendant fou le personnage principal et nous-mêmes.
Les personnages secondaires tel qu’Eva, Jessica, Shannon sont les impressionnants. On revient encore au chiffre 18. Dix-huit comme les invités et présentes personnes lors de la réunion familiale. Existerait-il une autre personne responsable ? Les derniers moments de l’anime sont proprement hallucinants, remettant en question le jeu de Dame Béatrice. Et cela se finit ainsi à l’épisode 26, entre deux combats aux fins atroces. Hélas l’anime ne recouvre que les premiers tomes du jeu. Ce dernier toujours géré par le Studio DEEN (Higurashi) a fait un bide au Japon, et exclut pour l’instant une suite en adaptation animée. Même les OAVs d’Higurashi ont tailladé en audience son petit frère ! Pourtant je le trouve nettement plus osé que son aîné : Higurashi joue sur le mystère occulte et paranormal. Ici Umineko montre tout l’inverse : on nous montre la puissance magique, on assiste à tous les fondements et on a l’existence de mondes parallèles. En gros, tout ce qui est parfaitement occulté sur le syndrome d’Hinamizawa. On pourrait même venir à se demander s’il n’existe pas une connexion entre ces deux univers… en la personne de Bernkastel peut-être ?!
L’OST se veut plus discrète qu’Higurashi mais reste très intrigante à l’écoute, seule. L’animation est un poil plus fignolée que les deux premières saisons d’Higurashi, dans la moyenne de ce qui se faisait en 2010. On note quelques agréables références de divers visual novels dont Mai-Hime/Otome, Kanon, Ace Attorney voire Evangelion. Les personnages ont par nature un caractère parfaitement délimité. L’auteur s’est impliqué dans le projet et cela se sent : la structure scénaristique est perturbante, assurant son côté violent gratuitement autour d’un jeu d’échecs (représenté évidemment par les mondes parallèles entre Battler et les sorcières). On aura beaucoup d’acteurs, des humains aux démons fan-service très pom-pom girl et pourtant extrêmement dangereuses, dignes d’une Yuno Gasai de Mirai Nikki. Umineko a ici franchi le nombre potentiel de yandere possible.
C’est un anime qui m’a plu mais qui restera sur notre faim, faute d’épisodes supplémentaires. Il faudrait se procurer le jeu (nettement au-dessus du lot) et qui sait, on aura peut-être un jour sa suite ou la sortie du Sound Novel en Français. Encore faudra t-il attendre de nouveau neuf années à l’instar de la parution japonaise (2002) et française amateure (2011) d’Higurashi ?! Umineko mérite une considération et une patience immenses, car nous avons toutes les pièces en main pour être subjugués par tant d’inventivité.
Ryūkishi07 n’a pas fait que du Higurashi no Naku Koro Ni. Son univers peut s’étendre sur tout sorte de concepts et il nous le preuve aujourd’hui. J’ai mis un peu de temps pour assumer cette critique. Je vais éviter de faire pareil qu’Higurashi et de jouer ma pièce fétiche : embrumer vos idées et vous procurer l’envie d’en découvrir plus. Peu de spoil, mais je vous conseille de connaître Higurashi pour apprécier ces lignes.
Unimeko no Naku Koro Ni nous propose cette fois-ci de quitter le village maudit pour une visite maritime inoubliable. Nous sommes en 1986, dans l’archipel d’Izu, sur l’île de Rokkenjima. Plusieurs membres de la famille Ushiromiya établissent une réunion mettant en jeu la fortune du richissime chef de famille, Kinzo. Le médecin attitré fait savoir à l’ensemble des personnes concernées qu’il ne lui reste qu’une centaine de jours à vivre sur Terre. Kinzo fait fortement connaitre son opinion malgré sa santé fébrile : il compte léguer toutes ses richesses et son patrimoine à celui qui saura l’impressionner. Ainsi donc, chacun compte négocier sa part de fortune et sa nouvelle place dans la famille. Dix-huit personnes dont les domestiques réfléchissent sur la question. Du moins, ils n’auront pas trop de temps pour se décider : le bateau les ayant amené disparaît, tout le monde se retrouve piégé sur l’île. Aucune communication extérieure n’est possible et le temps se fait menaçant. Une tempête se prépare. Les mouettes s’agitent. On dit qu’une sorcière habite l’île et est responsable de la fortune des Ushiromiya.
Battler Ushiromiya, fils de Rudolf Ushiromiya et second fils de Kinzo Ushiromiya, va s’efforcer de percer ce mystère. Entre temps, des meurtres se profilent, des meurtres hors du commun laissant penser à de la sorcellerie. Pour Battler tout demeure purement rationnel. Tout tient d’une personne censée et réelle, le débat de l’existence d’une sorcière ne se tient pas. D’autres personnes vont faire leur apparition dont la fameuse Béatrice, s’autoproclamant sorcière de l’île et du monde terrestre. Battler va devoir jouer à un jeu particulier : prouver au yeux de la sorcière, de ses sbires, de ses connaissances (Bernkastel Frederica et Lambdadelta en seconde partie) que tout ceci n’use pas la magie et de prouver sa non-existence. Difficile pour le jeune Battler car tout porte à croire que les assassinats et le monde d’Izu sont sous une emprise maléfique.
Umineko joue sur la psychose, me faisant rappeler inlassablement les fabuleux films d’Hitchcock. Cela ne m’étonnerait pas que le cercle 07th Expansion, responsable des jeux “Sound/Visual Novel" d’Higurashi et de Umineko Chiru référence de telles œuvres. L’ambiance se veut plus pesante que son illustre homologue du village d’Himanazawa : il existe encore le système d’arcs, néanmoins dans l’anime ce dernier est entrecoupé de discussions auprès de Béatrice et de Bernkastel puis plus tard par d’autres personnes dont on ne s’attendait pas. Le question de Bernkastel se pose encore aux yeux de tous les fans des When They Cry : cette dernière est-elle Rika Furude d'Higurashi ? Sa réincarnation ? Elles se ressemblent fortement. Un OAV de Kira laisserait supposer qu’elles ne sont qu’une seule et même personne… Son auteur Ryūkishi07 laisse supposer le contraire et brouille les pistes. Pour moi c’est de loin mon personnage fictif favori, car le mystère qu’il entoure reste si épais que cela en devient psychotique.
Chaque épisode d’Umineko a son meurtre inexplicable. Béatrice - ou plutôt Dame Béatrice - va jouer avec tout ce beau monde. Sauf… une personne en l’incarnation de Maria, petite fille psychotique très étrange. Plus tard cette dernière va elle aussi jouer le jeu de la sorcière, perturbant un cycle infernal que l’on a déjà croisé dans Higurashi. Souvenons-nous du jeu de Battler, qui a pris connaissance de l’existence particulière de Béatrice : comme une partie d’échecs, les scènes sont alignées et Battler admire les pièces qu’ils s’offrent à lui. Il intervient ou il n’intervient pas selon la situation. Les sorcières influent sur la partie selon l’envie et le pauvre garçon doit déjouer leurs plans sous peine de mourir. On revient sans cesse au moment où Kinzo se fait tuer par la présumée Dame, laissant le trône et la fortune vacants. Les victimes et leur mort changent, modifiant le contexte.
S’ensuit un combat psychologique des membres de la famille, quitte à s’entretuer. Battler reste dans tous les cas confiant, persistant à trouver une explication logique et constamment rationnelle des victimes. Plutôt honorable dans le sens où nous spectateurs, voyons clairement qu’il y a existence de la magie. Bernkastel bien que concernée s’écarte de ce “jeu stupide”. Avec Maria, c’est la personne centrale d’Umineko. Chaque phrase qu’elle prononce a son sens. Pourquoi Béatrice joue t-elle avec ce garçon ? Pourquoi Kinzo aurait conclu un pacte avec cette âme maléfique ? On se rend compte de beaucoup de choses. On assiste à énormément d’enchevêtrement de lignes temporelles, de massacres, et de nouvelles existences. Encore une fois la petite Maria est bien placée, a son histoire horrible et pourrait devenir une entité intéressante de l’archipel. Je vous laisse apprécier.
Chaque épisode a sa scène inoubliable, arrivant constamment avec stupeur et rejet. Le constat est simple : une bataille de forces totalement opposées, entre un humain et deux (trois, quatre, cinq ?) sorcières. Les derniers épisodes laissent entrevoir une frontière fébrile du subconscient de Béatrice, enfin de la “première”. Je vous perds ? C’est normal, mais je ne vous spoilerai pas. Une sorcière a beau être maléfique, elle reste humaine. Comme expliqué plus tôt, Battler n’est pas la seule “pièce" neutre : une personne selon lui joue aussi de la situation. Maria semble en savoir plus que quiconque, tandis que Kinzo a disparu - on ne retrouve pas de corps. On peut penser à son âme vendu au diable, à une conspiration maléfique datant de centaines d’années, d’immortalité… Umineko nous saoule de données et de paramètres, rendant fou le personnage principal et nous-mêmes.
Les personnages secondaires tel qu’Eva, Jessica, Shannon sont les impressionnants. On revient encore au chiffre 18. Dix-huit comme les invités et présentes personnes lors de la réunion familiale. Existerait-il une autre personne responsable ? Les derniers moments de l’anime sont proprement hallucinants, remettant en question le jeu de Dame Béatrice. Et cela se finit ainsi à l’épisode 26, entre deux combats aux fins atroces. Hélas l’anime ne recouvre que les premiers tomes du jeu. Ce dernier toujours géré par le Studio DEEN (Higurashi) a fait un bide au Japon, et exclut pour l’instant une suite en adaptation animée. Même les OAVs d’Higurashi ont tailladé en audience son petit frère ! Pourtant je le trouve nettement plus osé que son aîné : Higurashi joue sur le mystère occulte et paranormal. Ici Umineko montre tout l’inverse : on nous montre la puissance magique, on assiste à tous les fondements et on a l’existence de mondes parallèles. En gros, tout ce qui est parfaitement occulté sur le syndrome d’Hinamizawa. On pourrait même venir à se demander s’il n’existe pas une connexion entre ces deux univers… en la personne de Bernkastel peut-être ?!
L’OST se veut plus discrète qu’Higurashi mais reste très intrigante à l’écoute, seule. L’animation est un poil plus fignolée que les deux premières saisons d’Higurashi, dans la moyenne de ce qui se faisait en 2010. On note quelques agréables références de divers visual novels dont Mai-Hime/Otome, Kanon, Ace Attorney voire Evangelion. Les personnages ont par nature un caractère parfaitement délimité. L’auteur s’est impliqué dans le projet et cela se sent : la structure scénaristique est perturbante, assurant son côté violent gratuitement autour d’un jeu d’échecs (représenté évidemment par les mondes parallèles entre Battler et les sorcières). On aura beaucoup d’acteurs, des humains aux démons fan-service très pom-pom girl et pourtant extrêmement dangereuses, dignes d’une Yuno Gasai de Mirai Nikki. Umineko a ici franchi le nombre potentiel de yandere possible.
C’est un anime qui m’a plu mais qui restera sur notre faim, faute d’épisodes supplémentaires. Il faudrait se procurer le jeu (nettement au-dessus du lot) et qui sait, on aura peut-être un jour sa suite ou la sortie du Sound Novel en Français. Encore faudra t-il attendre de nouveau neuf années à l’instar de la parution japonaise (2002) et française amateure (2011) d’Higurashi ?! Umineko mérite une considération et une patience immenses, car nous avons toutes les pièces en main pour être subjugués par tant d’inventivité.
Oserez-vous y croire ?